Actualités Belgique gouvernement intérimaire de Verhofstadt menacé
Le gouvernement intérimaire que tente de mettre sur pied le Premier ministre belge sortant Guy Verhofstdat pour sortir la Belgique de la crise est menacé par des bisbilles politiques.
Le roi Albert II a chargé le libéral flamand de bâtir une coalition qu’il dirigerait jusqu’au 23 mars 2008 avant de céder le relais au démocrate-chrétien flamand Yves Leterme, grand vainqueur des élections du 10 juin dernier.
Verhofstadt envisage une coalition assez particulière pour le gouvernement intérimaire qui serait chargé de prendre des mesures urgentes, comme l’adoption d’un budget pour 2008, et qui lancerait un forum chargé de proposer une réforme de l’Etat voulue par les Flamands et redoutée par les francophones.
On trouverait dans son gouvernement intérimaire, qui serait formé avant la fin de l’année, la coalition sortante entre socialistes et libéraux avec une différence: côté flamand, les socialistes seraient remplacés par les démocrates-chrétiens.
Mais les socialistes francophones (PS) ont posé une condition: ils veulent élargir la coalition aux démocrates-chrétiens du Sud du pays (CDH), avec lesquels ils gouvernent en parfaite harmonie et à gauche la région wallonne.
“Je préconise qu’il y ait du côté francophone la majorité la plus large possible”, a déclaré mardi à la RTBF le président du PS, Elio di Rupo, qui veut créer un “front francophone” face aux revendications flamandes d’un transfert massif de compétences vers les régions, notamment en matière de sécurité sociale.
“On ne va quand même pas avoir un gouvernement maintenant pour avoir une crise dans deux mois et recommencer”, a-t-il dit.
Pour les partis flamands, cet élargissement aurait l’avantage de fournir à la coalition 101 sièges sur 150 à la Chambre des représentants, soit la majorité des deux tiers nécessaire à l’adoption d’une profonde de l’Etat.
Mais les libéraux francophones MR, grand vainqueurs des élections en Wallonie et à Bruxelles, qui doivent déjà accepter de partager le pouvoir avec des socialistes laminés le 10 juin dernier, ne veulent pas des démocrates-chrétiens qui donneraient une coloration trop “rose” à la coalition.
Le CDH a pris acte mardi de cette exclusive.
“Nous devons rester à l’extérieur de ce gouvernement”, a expliqué sa présidente, Joelle Milquet, qui, pousse toutefois les quatre autres partis à aller de l’avant dans un “geste d’intérêt général” après 191 jours de crise.
“Il est sain qu’un gouvernement puisse se constituer sans nous”, a-t-elle ajouté sans exclure de soutenir la coalition intérimaire de l’extérieur, dossier par dossier.
Guy Verhofstadt a réuni les partis mardi pour vérifier si les partenaires pressentis sont toujours partants.
Il lui faut en effet aller vite: s’il veut concrétiser son ambition d’avoir un gouvernement avant la Noël, il devra prononcer mercredi son discours de politique générale.
En cas de succès, ce serait pour lui une éclatante revanche après la lourde défaite électorale qu’il a subie le 10 juin.
Aux affaires depuis huit ans, il est en effet considéré comme un sauveur après six mois d’une crise entre Flamands et Wallons qui menace la pérennité du royaume.
Dans un sondage paru lundi dans le quotidien francophone La Libre Belgique, il est en effet redevenu l’homme le plus populaire de Belgique, tant en Wallonie qu’en Flandre, taillant des croupières aux vainqueurs des élections.



