FARC Forces armées révolutionnaires de Colombie

Les FARC

Les

Armée du peuple (en espagnol « Fuerzas armadas revolucionarias de Colombia – Ejército del Pueblo »), généralement appelées (l’acronyme exact est -EP), sont la principale force rebelle colombienne, établies en 1964 comme branche armée du Parti communiste colombien, d’obédience marxiste-léniniste.

Depuis 2005 les sont reconnues comme organisation terroriste par les États-Unis et l’Union européenne .

Organisation des

Les sont dirigées par un secrétariat mené par le septuagénaire Manuel Marulanda Vélez (Pedro Antonio Marín), alias Tirofijo (« Tir précis ») et six autres membres dont le commandant militaire Jorge Briceño, alias Mono Jojoy.

L’organisation est constituée autour de lignes militaires qui incluent plusieurs fronts urbains.

Les sont constituées de 12 000 à 18 000 (15 000 selon Éric Lair) membres et sont présentes dans environ 35 à 40 % du territoire colombien, majoritairement dans les jungles du sud-est et dans les plaines au pied de la Cordillère des Andes.

Le -EP (« Ejército del Pueblo ») fut ajouté au nom officiel du groupe durant la septième conférence sur la en 1982, en signe de progression désirée depuis une vers une action militaire conventionnelle.

Les se définissent comme un groupe politico-militaire marxiste-léniniste d’inspiration bolivarienne.

Ils prétendent représenter les pauvres du monde rural contre les classes riches de la Colombie et s’opposent à l’influence des États-Unis en Colombie, à la privatisation de l’exploitation des ressources naturelles, aux multinationales et aux groupes paramilitaires d’extrême droite.

Ils se financent à l’aide d’une multitude d’activités incluant la prise d’otages (1 600 estimés), l’extorsion, le détournement et la participation directe ou indirecte au marché de la drogue. Cette drogue est en partie vendue aux États-Unis.

Structure des

La structure des est extrêmement hiérarchisée, voire bureaucratique.

Les sont constituées d’unités d’une trentaine d’hommes commandées par un chef d’unité aux larges pouvoirs et jouant aussi le rôle d’idéologue (cet aspect d’encadrement idéologique est nettement en retrait depuis les années 1980).

Chaque unité comprend aussi une infirmière et les possèdent des hôpitaux clandestins bien équipés et bien approvisionnés en médicaments.

Ils n’hésitent pas à louer ponctuellement les services de chirurgiens sud-américains et à les faire venir en pleine jungle.

La discipline, le mode de vie et l’expérience font que les guérilleros sont considérés comme plus aguerris que les soldats de l’armée régulière colombienne. Les membres sont soumis à des interdictions comme celles de « voler du sucre » ou de « critiquer un supérieur »

Depuis la fin des années 1990, chaque unité possède un PC portable et une caméra vidéo et chaque membre des est fiché informatiquement.[réf. nécessaire]

Effectifs des

Contrairement à d’autres guérillas, les ne recrutent que sur la base du volontariat mais il est ensuite extrêmement difficile de les quitter.

Les déserteurs sont pourchassés et s’ils sont repris sont systématiquement fusillés.

À l’image de ce que pratiquait la khmère rouge au Cambodge, un guérillero considéré comme démoralisé sera envoyé dans les missions les plus exposées ou des missions suicides, cela principalement pour éviter les effets de “contagion”.

Human Rights Watch estime que 20 à 30 % des combattants des ont moins de 18 ans.

Les femmes sont très présentes et depuis le milieu des années 80, elles constituent 30 à 40 % des effectifs, combattant à l’égal des hommes.

Même si les peuvent être considérées moins machistes que la société rurale colombienne, les femmes n’y ont pas les même droits que les hommes.

Elles doivent systématiquement avorter si elles tombent enceintes, ne doivent pas avoir de relations sexuelles avec des civils (autorisées pour les hommes) et les relations avec des hommes de la sont soumises à l’approbation de leur hiérarchie.

Origine des

À la fin des années 1940, dans les zones rurales de la Colombie, des groupes de proto- isolés, soutenus par les membres les plus radicaux du Parti libéral colombien, qui étaient les précurseurs des guérillas marxistes modernes, se formèrent pour défendre par la lutte armée des terres que les propriétaires terriens conservateurs essayaient de se faire rembourser.

En 1948, l’homme politique libéral Jorge Eliécer Gaitán fut assassiné, créant une profonde blessure et devenant l’origine de la plus violente période de l’histoire de la Colombie.

Durant la période qui suivit (dite La violencia, la Violence), plus de 150 000 personnes furent tuées par ces luttes entre bandes armées.

Jusqu’en 1953, le Parti conservateur colombien de Laureano Gómez (élu en 1950 durant une élection boycottée par le Parti libéral), incapable de rétablir la situation, devint extrêmement impopulaire aux yeux du public et des autres personnalités politiques des deux parties.

Afin de rétablir l’ordre, l’armée, sous le commandement du général Gustavo Rojas Pinilla prit le contrôle du parti en 1953.

Le nouveau gouvernement militaire offrit l’amnistie aux bandits et aux guérilleros, en échange de la livraison de leurs armes, ce que la plupart firent.

Cependant, certains groupes de gauche, qui incluaient des communistes, refusant de rendre leurs armes, se retirèrent dans des zones isolées où ils continuèrent à opérer.

Le pouvoir militaire cessa en 1958 en faveur des modérés de la droite et de la gauche, avec le support de dissidents du pouvoir militaire.

Ils mirent sur pied une coalition bipartisane connue sous le nom de Front national.

Pendant ce temps, des groupes de communistes avaient installé leur propre gouvernement dans une région lointaine du pays, connue sous le nom de République de Marquetalia.

Le gouvernement commença par ignorer l’influence grandissante des communistes jusqu’en 1964, quand, sous la pression de la droite qui considérait cette république communiste autonome comme une menace, l’armée colombienne fut chargée d’y mettre fin.

Il s’ensuivit l’attaque des guérillas, dispersées, qui se réorganisèrent sous le nom de () et devinrent le bras militaire officiel du Parti communiste colombien.

Ainsi, si les furent crées en 1964, elles furent la résultante des mouvements de qui avaient commencé en 1948, comme de l’influence idéologique des mouvements communistes de l’époque, comme celle de Cuba.

Raul Reyes, commandant des , justifie que les n’aient pas déposé les armes par les répressions s’étant abattues après les accords de 1984 autorisant la création de l’Union Patriotique, et par les difficultés de parvenir à un accord avec le président Uribe.

En effet, de 1985 a 1994, 4000 membres ou sympathisants de l’UP ont été assassinés, notamment les candidats aux présidentielles Jaime Pardo Leal (1987) et Bernardo Jaramillo Ossa (1990), ainsi que 9 autres parlementaires de la même formation de gauche.

Raul Reyes exprime néanmoins ses espoirs à propos d’un éventuel accord futur avec le Pôle démocratique Alternatif (PDA), parti de gauche.

Moyens et résultats

Les se financent elles-mêmes par les enlèvements et les rançons, le vol de bétail, l’extorsion et la « protection » accordée au commerce de la drogue .

C’est à partir de la VIIe Conférence nationale des (), en 1982, que les profits tirés de la drogue sont devenus un élément de la stratégie du contrôle du territoire et de la prise du pouvoir de cette rurale, Le profit annuel de cette seule activité dépasse les 300 millions de dollars.

Un grand nombre de leurs fronts ont envahi de petites communautés pour distribuer des éléments de propagande, et pour piller des banques locales.

Les éléments de l’économie dans les zones rurales, y compris l’agriculture, le pétrole et les mines, doivent payer des « vaccins » (paiements mensuels) qui les « protègent » contre les attaques et les enlèvements.

Également, quoique moins lucrative, une source de revenus est les barrages sur les routes où les guérillas arrêtent les véhicules pour confisquer bijoux et argent, actions très fréquentes durant les présidences d’Ernesto Samper (1994-1998) et d’Andrés Pastrana (1998-2002).

Au cours du temps, quelques recrues se joignirent à l’organisation pour des raisons idéologiques, mais surtout comme un moyen d’échapper à la pauvreté et au chômage.

Même si les fournissent rarement une solde régulière à la plus grande partie de ses membres, le revenu général des combattants de la colombienne a été calculé comme atteignant 40 fois la moyenne nationale.

En 1998, certaines études estimèrent le nombre de combattants des à 15 000 personnes environ, plus que le nombre de 7 500, évalué en 1992. Ils sont en position de contrôler et d’opérer librement à travers les grands espaces ruraux du pays (l’estimation la plus haute leur accorde 40 à 50 % du territoire).

L’Armée républicaine irlandaise est soupçonnée d’avoir apporté aux son savoir-faire, principalement pour ce qui concerne les attaques à l’explosif.

En août 2001, 3 membres de l’IRA ont été arrêtés à Bogotá, mais l’organisation terroriste a nié toute implication officielle.

En 2001-2002, le président Andrés Pastrana leur a concédé le retrait des forces armées sur une surface de 42 000 km² (soit l’équivalent de la Suisse) de manière à faire avancer les négociations, sans succès.

Les et la drogue

Les sont soupçonnées, notamment par la DEA américaine et les autorités colombiennes, de liens avec les trafiquants de stupéfiant, principalement via l’aide logistique et la protection armée.

Depuis le milieu des années 1990, les analystes du commerce de la drogue ont estimé que les se sont énormément impliquées dans ce commerce, en contrôlant les fermes, la production et l’exportation de cocaïne dans ses zones d’influence.

Le chef d’une organisation de commerce de la drogue et de trafic d’armes, Fernandinho Beira-Mar, fut capturé en Colombie le 20 avril 2001 en compagnie d’éléments de la des .

Pour les autorités colombienne et brésilienne, cela constitue une preuve de la coopération entre les et les trafiquants de drogue, coopération fondée sur l’échange entre la drogue et les armes, ce que Fernandinho Beira-Mar et les ont nié.

Selon les , dans leurs zones d’influence, la culture de la coca (une longue tradition dans cette région du monde, bien que jamais au niveau actuel), est taxée sur la même base que les autres cultures.

Durant le premier quart de l’année 2005, les opérations conjointes des services de renseignement et de la police des gouvernements de la Colombie et du Honduras, ont conduit à la saisie d’un nombre important de fusils d’assaut AK-47 et M16, de mitrailleuses M60, de lance-roquettes, et de munitions, qui étaient désignés comme une partie d’un trafic d’armes illégal entre des bandits et le marché noir d’Amérique centrale et les , en échange de drogue ; l’information donnée étant de deux tonnes de cocaïne.

Les trafiquants d’armes de la région sont aussi accusés de commercer avec les groupes paramilitaires d’extrême droite.

Raul Reyes, commandant des , nie la collusion avec le narcotrafic, les fonds étant un pourcentage prélevé aux personnes possédant plus d’un million de dollars (sorte d’impôt sur le revenu) sans vérification de leur origine, mais explique que les n’interdisent pas non plus la culture de coca.

Actions

Selon le CERAC (Centro de Recursos para el Analisis de Conflictos), un organisme d’études privé colombien, militaires et paramilitaires d’extrême-droite seraient responsables de 58 % des assassinats de civils.

La plupart des disparitions forcées sont d’ailleurs le fait des paramilitaires, comme le reconnait le gouvernement américain: « les paramilitaires sont responsables de la plupart des disparitions forcées ».

Quant aux enlèvements proprement dits, il sont, selon l’ONG colombienne País Libre, répartis de la manière suivante: 59% sont le fait de criminels de droit commun et d’acteurs non identifiés, 31% des guérillas d’extrême-gauche (22% pour les et 9% pour l’ELN), 10% des paramilitaires.

Les utilisent des moyens comme les voitures piégées, les explosions de bonbonnes de gaz, les meurtres, les enlèvements, l’extorsion, le détournement autant que les actions militaires de contre le gouvernement colombien, les militaires, les cibles économiques et tout ce qu’elles considèrent comme une menace à leur mouvement.

Les attaques à la bonbonne de gaz du 16 et 18 avril 2005 de la ville de Toribió causèrent le déplacement de plus de deux mille habitants et la destruction de deux douzaines d’habitations.

Un rapport de février 2005 du commissaire aux droits de l’Homme de l’Organisation des Nations unies mentionne que, en 2004, « les continuèrent de commettre de graves violations [des droits de l’Homme] comme des meurtres de personnes protégées, des actes de torture et des prises d’otages, qui affecta de nombreux civils, dont des femmes, des rapatriés, des garçons et des filles, et des groupes ethniques.»

La tactique des consistant à utiliser des missiles improvisés faits de bonbonnes de gaz comme explosif, une arme qu’elles utilisèrent souvent pour lancer des attaques contre des villes et des sites qu’elles considéraient comme des objectifs militaires (comme le commissariat de police de Toribió en 2002), sont très peu précises, augmentant la fréquence d’impact sur les civils et leurs maisons, comme ça a été le cas en 2002 à Bojayá avec l’attaque d’une église qui tua 119 civils dont 45 enfants.

Selon Human Rights Watch, « le fait que les continuent d’utiliser les bombes à base de bonbonne de gaz montre le désintérêt flagrant de ce groupe pour les vies des civils…

Les bombes à base de bonbonne de gaz ne peuvent être utilisées avec précision, et ont pour conséquence d’atteindre fréquemment des objets civils et de causer d’inévitables dommages civils. »

En mars 1999, les tuèrent 5 Américains, des militants des droits pour les Indiens d’Amérique, au Venezuela, après les avoir capturés en Colombie.

Après une période de déni, les revendiquèrent cette action en clamant qu’il s’agissait d’agents de la CIA puis admirent leur erreur et déclarèrent qu’ils allaient punir les responsables.

Les demandent régulièrement la démilitarisation de deux zones afin d’échanger leurs 56 otages politiques contre 500 de leurs guérilleros emprisonnés dans les prisons d’État.

Le président colombien Pastrana avait essayé cette hypothèse en 1998.

Cependant, cela n’avait permis de libérer les otages car les y établirent une sorte de république autonome.

Le groupe enlève des personnes qu’il considère comme de gros propriétaires terriens, les hommes d’affaires, tout comme les touristes et les entrepreneurs, mais aussi les officiels nationaux et internationaux.

En février 2002, les ont enlevé Ingrid Betancourt et Clara Rojas.

Source : Wikipédia

Actualités Colombie les FARC vont libérer l’assistante d’Ingrid Betancourt

La des a fait mardi un geste spectaculaire avec l’annonce de la libération de trois otages dont Clara Rojas , l’assistante d’Ingrid Betancourt, tout en opposant une fin de non-recevoir aux dernières propositions du président colombien Alvaro Uribe.

Le secrétariat des Forces armées révolutionnaires colombiennes (), organe dirigeant de la marxiste, affirme avoir donné pour instruction de relâcher Clara Rojas, son fils Emmanuel, conçu en captivité avec un guérillero, ainsi qu’une parlementaire colombienne, Consuelo Gonzalez.

“L’ordre de les libérer en Colombie a déjà été donné”, selon un communiqué publié mardi à La Havane par l’agence de presse cubaine Prensa Latina.

Avocate de 44 ans, Clara Rojas était la directrice de campagne de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, candidate des Verts à la présidentielle en Colombie, quand elles ont été enlevées le 23 février 2002 par les près de Florencia, à 600 km au sud de Bogota.

Selon les , il s’agit d’”un geste de reconnaissance envers les familles des otages”, le président vénézuélien Hugo Chavez et la sénatrice colombienne d’opposition Piedad Cordoba, anciens médiateurs dans ce dossier, dont la mission a été annulée fin novembre par Bogota.

Les trois otages devraient être remis au dirigeant vénézuélien ou à la personne de son choix, selon Prensa Latina.

M. Chavez, qui participait mardi à Montevideo au sommet du Mercosur, le marché commun sud-américain, a confirmé avoir “reçu le communiqué des ”.

“J’étais prévenu d’une possible libération ou du fait que les pouvaient annoncer la libération d’un groupe de personnes”, a-t-il dit.

A Paris, la Fédération des comités de soutien à Ingrid Betancourt (FICIB) a qualifié d’”excellente nouvelle” l’annonce de la libération de Mme Rojas.

Le président français Nicolas Sarkozy s’est “réjoui” de l’annonce mais en “attend la confirmation”, selon un communiqué de l’Elysée.

La mère d’Ingrid Betancourt a demandé pour sa part aux de penser aussi à sa fille. “Qu’ils prennent en compte le fait que ma fille souffre tellement. Qu’ils fassent quelque chose pour Ingrid”, a déclaré par téléphone Yolanda Pulecio, à la télévision publique vénézuélienne VTV.

Le fils d’Ingrid Betancourt, Lorenzo Delloye, a salué sur VTV le “pas vers un accord humanitaire” de la et souligné le rôle “très important” du Venezuela. “Désormais, le gouvernement de Colombie doit répondre favorablement”, a-t-il dit, tout en appelant la communauté internationale à “faire pression” sur Bogota.

Dans leur communiqué, les ont rejeté catégoriquement le plan proposé par le président Uribe, portant sur la création d’une “zone de rencontre” pour engager des négociations sur un échange entre otages et rebelles emprisonnés.

Les rebelles ont jugé “improvisée” et “inacceptable” cette proposition pour “dialoguer avec ce menteur de haut commissaire colombien pour la paix (Carlos) Restrepo dans des lieux éloignés, clandestins et inhospitaliers, dans un délai de 30 jours”.

Le 7 décembre, Bogota avait annoncé la création “d’une zone de rencontre” pour négocier avec les un échange dit humanitaire entre 500 guérilleros et un groupe de 45 otages, dont trois Américains et Mme Betancourt.

Les ont remercié M. Chavez pour “l’effort colossal accompli comme médiateur” et estimé que l’annulation de sa mission par le président Uribe avait été “un acte de barbarie diplomatique”.

Cette décision revenait aussi, selon le communiqué des guérilleros, “à claquer la porte au nez du président (français) Nicolas Sarkozy, des chefs d’Etat sud-américains solidaires ainsi que des familles des prisonnier